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Taux de recours à l'intérim par secteur : à qui parler en priorité

Le fit structurel d'un prospect se lit d'abord sur son secteur. Encore faut-il choisir le bon référentiel : entre le code NAF et la convention collective, l'écart est parfois du simple au triple.

7 min de lecture

Le taux de recours à l'intérim — la part des heures travaillées réalisées par des intérimaires — varie énormément d'une activité à l'autre. Dans l'industrie et la construction, il pèse lourd ; dans le conseil ou l'assurance, il est marginal. C'est la première information à connaître sur un prospect, avant même de savoir s'il recrute.

Pourquoi le code NAF ne suffit pas

Le code NAF décrit l'activité principale déclarée. Il est utile, mais grossier : deux entreprises classées en « travaux de construction spécialisés » peuvent avoir des pratiques opposées. Surtout, il ne dit rien du cadre social réel.

La convention collective (le code IDCC) est plus fine. Elle dit le métier tel qu'il est négocié : bâtiment ouvriers, métallurgie, transport routier de marchandises, propreté. Ces conventions recoupent bien mieux les usages de main-d'œuvre que la nomenclature d'activité, et elles sont désormais disponibles dans le référentiel public des entreprises.

La bonne pratique tient en une ligne : lire le taux sur la convention collective quand elle est renseignée, retomber sur la division NAF sinon. Et exclure les agences d'intérim elles-mêmes du calcul, faute de quoi elles remontent en tête de toutes les listes.

Le secteur ne fait pas tout : mesurer l'intérimabilité du métier

Un taux sectoriel reste une moyenne nationale. Il existe une mesure plus locale et plus utile : pour un métier donné sur un bassin donné, quelle part des annonces publiées sont des missions d'intérim plutôt que des embauches directes ? Cette part se calcule à partir des offres publiées sur le bassin, et elle dit ce que le secteur ne dit pas — que sur ce territoire, ce métier passe majoritairement par l'intérim.

Taille, santé, site : les trois autres pièces du fit

Le secteur n'est qu'une composante du fit structurel. Trois autres comptent autant :

  • La taille. L'effectif est souvent absent des référentiels publics — sur un département test, la tranche d'effectif n'était pas renseignée pour 82 % des établissements. Il faut alors la reconstruire en cascade : tranche officielle, puis tranche publiée sur une offre d'emploi, puis estimation à partir du chiffre d'affaires, puis simple caractère employeur.
  • La santé. Un résultat net négatif, un chiffre d'affaires en baisse marquée, un accord de restructuration récent, une procédure collective : autant de raisons de ne pas placer d'intérimaires, et de ne pas perdre un appel.
  • Le site. Une installation classée en exploitation n'a pas les mêmes besoins qu'un bureau à la même adresse. C'est une information publique, et elle discrimine bien.

Ce que le fit ne dit pas

Un excellent fit structurel n'est pas un lead. Une entreprise du bon secteur, de la bonne taille, en bonne santé, à dix kilomètres, mais qui n'a bougé sur aucune source depuis six mois, n'a besoin de personne aujourd'hui. Elle mérite d'être suivie — pas d'être appelée.

C'est pourquoi un score de lead sérieux est multiplicatif et non additif : le fit structurel multiplie les déclencheurs datés. Zéro déclencheur, zéro lead, quel que soit le fit. Voir comment le score est construit.


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