La fenêtre d'appel : savoir quand appeler, pas seulement qui
La plupart des outils de prospection produisent une liste. Une liste ne dit pas quoi faire lundi matin. Un agenda, si.
Deux signaux de même force n'appellent pas la même action au même moment. Une offre d'emploi en manque de candidats dit un besoin maintenant : la valeur du signal est maximale le jour où on l'apprend, puis elle décroît. Un marché de travaux attribué dit un besoin plus tard : le jour de l'attribution, personne n'embauche encore.
Deux horloges, pas une
Il faut donc deux façons de faire vieillir un signal. Pour l'immédiat, une décroissance exponentielle avec une demi-vie propre au type de signal : une offre pèse moitié moins après quelques semaines. Pour le décalé, une courbe qui monte, culmine autour d'une date de démarrage probable, puis redescend — un marché attribué culmine autour de son démarrage de chantier, un permis autour du début des travaux.
Un signal décalé conserve tout de même un poids minimal dès le premier jour : l'information est vraie immédiatement, seule son urgence est future.
De la courbe à l'agenda
Une fois ces courbes posées, la fenêtre d'appel se déduit : c'est l'intervalle autour du pic du signal décalé le plus contributif encore à venir. Concrètement, une ligne comme celle-ci :
Trois informations, une phrase : quoi proposer, quand appeler, où est le besoin. C'est ce format, et pas un score nu, qui transforme une détection en action.
Le lieu du besoin n'est pas le siège
Une erreur coûteuse consiste à mesurer la distance entre l'agence et le siège social du prospect. Les sources départementales — registres, commande publique — ramènent des sièges de toute la France. Sur un département test, deux sociétés parisiennes situées à 265 km entraient dans les leads chauds sur une simple augmentation de capital.
La distance qui compte est celle du besoin : le lieu d'exécution du marché, le lieu de travail de l'offre. Un siège lointain avec un chantier à quinze kilomètres est un excellent lead ; un siège voisin dont toute l'activité est ailleurs n'en est pas un.
Ce qui fait glisser la fenêtre
Enfin, deux facteurs locaux ordonnent les appels de la semaine sans changer la liste : la saisonnalité du secteur sur le territoire, et la difficulté de recrutement du métier dans le département, que France Travail publie chaque année dans son enquête Besoins en main-d'œuvre. Un métier tendu dans un département tendu, en pleine saison : c'est ce lead-là qu'on appelle en premier.
Ces facteurs restent volontairement bornés. Ils ordonnent, ils ne décident pas — un lead ne doit jamais entrer dans la liste par la seule grâce d'un facteur de contexte. Voir le détail du moteur.
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